Pour 42 % des Français, c’est lui qui incarne le mieux les valeurs du centre

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube

Dans l’ombre, Bayrou attend son heure

Pour 42 % des Français, c’est lui qui incarne le mieux les valeurs du centre. Alors que Borloo est l’objet de toutes les attentions, François Bayrou est convaincu qu’il n’y aura qu’un candidat du centre en 2012 : lui.

Alors, en attendant de se lancer dans la bataille, François Bayrou fait de petits déplacements en région SIPA

On ne l’entend guère, on le voit peu sur les écrans et pourtant, dans l’ombre des autres candidats probables à la présidentielle, François Bayrou marque des points. Les projecteurs des médias ont beau être tournés vers un autre centriste, Jean-Louis Borloo, c’est bien le patron du Modem qui « incarne le plus les idées et les valeurs du centre » pour 42 % des Français, loin devant le président du Parti radical (32 %). A dix mois de la présidentielle, Bayrou progresse de 6 points dans notre baromètre depuis avril dernier, quand Borloo, lui, connaît un trou d’air de 5 points. En fait, seuls les sympathisants UMP plébiscitent l’ex-ministre de l’Ecologie pour représenter le centre, le Béarnais faisant au contraire la course en tête chez les sympathisants PS et, sans surprise, chez ceux du Modem. Des résultats qui semblent valider la stratégie attentiste de François Bayrou.

Car si ses ambitions présidentielles ne sont un secret pour personne, l’homme attend patiemment son heure. « Une campagne électorale, ça se mène dans les six mois qui précèdent l’échéance, pas avant », explique le porte-parole du Modem, Yann Wehrling. Au sein du mouvement démocrate, on feint donc d’ignorer les sondages. Un seul mot d’ordre : la patience. « Pour l’instant, il est dans le quotidien d’un élu. Il sera candidat plus tard, résume Wehrling. En attendant, François Bayrou a choisi de rester au-dessus de la mêlée, au calme. »

« Une fumisterie »

Pendant ce temps, au centre, on s’agite et on s’organise autour de Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin répète à qui veut l’entendre qu’il « veut être candidat » et tend la main au chef des radicaux, quand le candidat à la primaire écolo Nicolas Hulot suscite des remous en expliquant avoir songé, lui aussi, à un tandem avec Borloo. Pas de quoi inquiéter Bayrou. Tout simplement parce que son entourage ne croit pas une seconde à la candidature de l’ex-ministre radical. « Borloo reste un candidat de la majorité, assène la numéro deux du Modem, Marielle de Sarnez. Et j’en suis convaincue, en 2012, il ne pourra y avoir qu’un seul représentant de la majorité, et ce sera Nicolas Sarkozy. »

« Etre dans la majorité et prétendre proposer aux Français une alternance, c’est une fumisterie », a asséné sur RMC François Bayrou, qui se veut, lui, le seul représentant d’un centre « indépendant ». Jusque-là, cette « indépendance » l’a surtout isolé. Ses anciens amis de l’UDF, qui n’ont pas supporté son refus de choisir entre Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle de 2007, l’ont quitté. A la tête d’un Modem qui ne dispose que de très peu d’élus, il a subi de cinglants revers électoraux, aux élections européennes de 2009 comme aux régionales de 2010. Mais il a toujours gardé en ligne de mire la présidentielle, seule élection où il estime avoir une carte à jouer. Car le troisième homme de 2007 – il avait recueilli 18,57 % des voix au premier tour – sait qu’il reste une figure reconnue du centre et qu’il dispose toujours d’un socle électoral de 5 % à 7 % des voix. Il compte aussi sur le ralliement des déçus. « Les primaires vont faire beaucoup de malheureux, estime le vice-président du Modem, Jean-Luc Bennahmias. Et ceux qui sont aujourd’hui derrière Borloo nous rejoindront sûrement, quand ils verront qu’il n’ira pas jusqu’au bout. »

« La troisième, c’est la bonne »

La question des alliances n’inquiète pas non plus les bayrouistes, d’un optimisme inébranlable. « Chez nous, il y a des humanistes, des écolos, des centristes, des socio-démocrates. Nous somme un parti transversal, qui nous permet beaucoup d’alliances », assure le député européen (et ex-Verts) Jean-Luc Bennahmias. « Bayrou a aussi ses contacts, précise le vice-président du parti, Robert Rochefort. Il rencontre de façon non officielle de nombreuses personnalités de gauche et de droite. Et pas n’importe qui. » Et puis, Nicolas Hulot n’a-t-il pas songé à une alliance avec Bayrou pendant la présidentielle de 2007 ? Quant à sa rivale, Eva Joly, « elle voulait même se présenter aux européennes de 2008 sous la bannière Modem ! »

Alors, en attendant de se lancer dans la bataille, François Bayrou fait de petits déplacements en région. Vendredi, il était à Lucé (Eure-et-Loir), dans l’agglomération de Chartres. Le reste de son temps, il le partage entre sa maison de Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques, et les bancs de l’Assemblée nationale, où il siège discrètement, tout en haut de l’Hémicycle, dans ce qu’il appelle son « pigeonnier », au rang des députés « non-inscrits ». Depuis 2007, « il a mûri. Il regarde les choses avec plus de hauteur », assure Yann Wehrling. En 2012, ce sera sa troisième campagne présidentielle. Cette fois-ci, le Béarnais rêve de l’emporter, comme y parvinrent dans le passé, et à la troisième reprise, François Mitterrand, puis Jacques Chirac. « La troisième, c’est la bonne », murmure-t-on dans les couloirs du Modem. François Bayrou, en tout cas, y croit. Parce que « la présidentielle, c’est dans mes tripes ».

Par Julie Mendel

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Publié dans Dans les média

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