L'Europe malmenée - Jacques Jeanteur

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube

Puisque les médias poursuivent leur déni de démocratie en ne s’intéressant qu’à leurs deux candidats présélectionnés pour le second tour, on peut être inquiets et très déçus de l’attitude de ces deux compétiteurs sur l’Europe. Depuis déjà de nombreux mois, le PS se comporte très mal et refuse de voter la règle d’or demandée à l’échelon de tous les pays de la zone euro. Ils se seraient grandis en la votant plutôt qu’en faisant des promesses de la respecter d’eux-mêmes sans contraintes. François Hollande a, dès le début de sa campagne, annoncé qu’il demanderait la renégociation du pacte européen sur l’équilibre budgétaire pour y intégrer des mesures sur la croissance. Au moment  où l’on reparle du vote négatif de la France en 2005  sur la constitution européenne, il faut se rappeler que Laurent Fabius est celui qui a entraîné la gauche dans ce vote contraire à celui exprimé par la majorité de son parti. Il a joué contre l’Europe à des fins politiciennes et personnelles. Il savait qu’il n’y avait pas de plan B et il a menti délibérément. Il a terni l’image européenne de la France.

            Dimanche à Villepinte, dans ce show à l’américaine qui aura coûté près de 3 millions d’euros, soit le salaire net annuel de plus de 230 personnes, Nicolas Sarkozy a pris l’Europe, une nouvelle fois, comme bouc émissaire facile. Non seulement il a fait du populisme électoral au niveau français, mais il a heurté nos partenaires européens, nullement prévenus de ses propositions unilatérales. Ses deux passages sur l’espace Schengen et sur la préférence aux entreprises européennes pour les marchés publics ont surpris par l’oukase qui les accompagnait. Pour les flux migratoires, il a dit : « Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent, il n’y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti. » Cela me rappelle la conception du dialogue de la CGT dans les années 90, qui se disait ouverte au dialogue à condition que toutes ses propositions soient retenues. Ce discours a été très mal perçu à Bruxelles, alors que la gouvernance de Schengen est en cours de révision. Chose curieuse, Claude Guéant n’a pas participé à la réunion des ministres de l’intérieur sur ce sujet la semaine dernière à Bruxelles ! De plus, il n’est pas possible de quitter Schengen, sans quitter l’Union, car il est intégré dans tous les traités européens depuis 1997. De même, des travaux sont en cours à la Commission européenne sur la notion de réciprocité dans l’accès aux marchés publics des pays tiers.  Il ne s’agit pas d’imposer une préférence automatique aux entreprises européennes, ce qui entraînerait automatiquement un rappel à l’ordre de l’OMC, organisation mondiale du commerce, mais d’exiger des pays extérieurs à l’Europe, notamment la Chine et les Etats-Unis, qu’ils appliquent les mêmes principes que nous. On ne peut qu’être d’accord avec cette approche, mais elle doit être le fruit d’un consensus européen, et ne peut être appliquée par un seul membre de la communauté. L’idée n’est pas récente. Elizabeth Guigou, alors ministre des affaires européennes de Mitterand, l’avait évoquée.  Christine Lagarde a relancé l’idée début 2011. Sur ce sujet, l’Allemagne freine plutôt, car elle est le deuxième exportateur mondial, et elle craint des représailles.

Cette vision de l’Europe portée par François Hollande ou par Nicolas Sarkozy, n’est pas celle qui a motivé mon engagement en politique en 1974. Notre famille politique est celle des pères fondateurs, Robert Schuman et Jean Monnet.  François Bayrou a clairement défini sa position sur l’Europe qui est au cœur de notre projet humaniste :

-        Un Président de l’Union européenne élu au suffrage universel

-        Les droits du Parlement européen renforcés

-         Une transparence absolue dans la gestion financière des Etats avec un contrôle mutuel entre les Etats et un rapport de la cour des comptes européenne qui serait créée.

-        Un élan européen communautaire fédéral et non une gestion intergouvernementale comme c’est le cas actuellement. Une Europe fédérale et non des Etats, avec une politique étrangère et financière commune, et, très vite, une défense commune.

-        La fin d’une relation franco-allemande hégémonique, qui humilie les autres partenaires.

-        Ses premiers voyages seraient pour les pays fondateurs de l’Europe des 6 : Allemagne, Italie, Belgique, Hollande, Luxembourg.

                Il est donc urgent de revenir à des propositions crédibles et de retrouver une campagne digne sur les propositions et frugale sur les moyens.

Il est bon aussi de rappeler qu’il continue à être celui qui inspire le plus confiance aux français dans le palmarès Ipsos le Point des personnalités politiques. Déjà premier en janvier, avec 56% d’opinions favorables, il est monté à 60% en mars, nettement devant le 2ème, François Hollande avec 53%. .

                                                                         

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article