A l'aube d'une crise politique - Pascal Landréat

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube

Les élections cantonales que nous venons de vivre sont révélatrices de l’état de notre société.

Au cours des quatre dernières années, les événements se sont emballés. La crise financière de 2007 a entrainé une crise économique qui a débouché sur une crise sociale aux effets dramatiques. Mais aujourd’hui la situation a empiré, car nous connaissons une crise morale, une crise de confiance aux conséquences dévastatrices.

Comment aurait il pu en être autrement !

Depuis 15 ans, les partis de gouvernements, la gauche (PS) comme la droite (RPR/UMP) ont été dans l’incapacité de régler les problèmes quotidiens des Français. On le voit par exemple avec le chômage, en grande partie résultat de la désindustrialisation de notre pays, ou bien avec le pouvoir d’achat où les produits de première nécessité augmentent mais dont l’INSEE est incapable de mesurer clairement les évolutions car ses critères sont inadaptés, ou encore avec l’augmentation de plus de 5% du gaz alors que son cours baisse, mais l’évolution de son coût est indexée sur le pétrole. D’autant plus incohérent alors que l’Etat est actionnaire de GDF qui de surcroît affiche un bénéfice de 4,5 milliards. Allez y comprendre quelque chose !

Ajoutons à cela que depuis ces dernières années et surtout depuis l’élection de N Sarkozy, (le Fouquet’s, les vacances sur le Yacht de Mr Boloré), l’argent, je devrais plutôt dire « le fric » est devenu la valeur cardinale. L’argent assimilé au pouvoir, aux passe droits générateurs de toutes les turpitudes. L’impression que les puissants peuvent tout se permettre. Cela a conduit à l’affaire Tapie, affaire d’Etat dans laquelle l’Etat justement, donc le contribuable a dû débourser 260 millions à la suite d’un procès « privé » et pour le moins obscur. Ce qui dans notre République ne s’est jamais produit. En l’occurrence, la justice de notre pays aurait dû défendre nos intérêts, mais elle n’a pas été actionnée…Nous pourrions aussi citer les affaires Woerth, Michèle Alliot Marie, le non-procès Chirac et bien d’autres encore. Toutes ces affaires, ces arrangements laissent dans l’inconscient collectif un goût amer.

Et enfin, ces derniers mois dans le contexte très difficile que nous connaissons où notre pays est fragilisé sur ses bases, où nous aurions besoin d’être rassemblés et solidaires autour de projets fédérateurs, comme nous avons d’ailleurs su le faire dans un passé pas si lointain, eh bien le gouvernement ne trouve rien d’autre que d’attiser les réflexes communautaristes.  D’abord en lançant un « débat » sur l’identité nationale, puis sur la laïcité dont le but est la stigmatisation de l’Islam puis dans la surenchère ambiante la proposition d’une députée UMP de remettre les réfugiés dans un bateau et enfin ce qui constitue un comportement indigne, une faute politique de la part d’un Ministre, parler de « croisade » lorsque le Président de la République Française va discuter avec ses partenaires européens de l’avenir de la Lybie et plus largement des peuples de la méditerranée qui luttent pour leur Liberté.

 

Les élections ne sauraient tout justifier !

Une grande partie de l’UMP doit y prendre garde, à force de porosité, il y aura gémellité entre l’UMP et le FN. Il faut malgré tout noter que certains chiraquiens, les socialistes et les centristes, François Bayrou en tête ont sauvé l’honneur républicain. Les prochains jours, les prochaines semaines vont être difficiles au sein de l’UMP car des fractures se créent entre les gaullistes sociaux, les centristes égarés et la droite la plus conservatrice et la plus radicale. Le consensus de façade d’avant les élections se lézarde, les uns demandant la démission des autres …

 

Et pendant ce temps là beaucoup de nos concitoyens souffrent et pour certains cette souffrance s’est traduite dans les urnes par des suffrages au bénéfice d’un parti dont les projets économique et sociétal sont pourtant sans lendemain. Pour d’autres, les plus nombreux, plus de 55 %, la colère les a conduits à l’abstention. A l’évidence, notre démocratie est bien malade. Car devant la surdité et la cécité de nos dirigeants actuels l’abstention est devenue le dernier recours. Un acte fort et positif, revendiqué comme tel.

 

Mais rien n’est perdu.

Les Démocrates, les Humanistes, les Républicains, celles et ceux parmi nous, et ils sont nombreux, qui souhaitent voir émerger un projet où l’Homme sera au cœur de notre société et de nos préoccupations, doivent se lever et se rassembler. D’ici à l’élection Présidentielle, élection majeure dans la cinquième république, il nous reste 13 mois pour redonner un véritable espoir à nos concitoyens. Rendez-vous est pris.

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