Après un été silencieux, Bayrou veut apporter de la clarté et du mouvement

Publié le par Site du Mouvement Démocrate de l'Aube



Après l'échec du MoDem aux élections européennes, le leader centriste François Bayrou est réapparu vendredi sur le devant de la scène à La Grande-Motte (Hérault), à l'occasion de l'ouverture de l'université d'été du Mouvement démocrate, martelant sa volonté d'insuffler du "mouvement" et de la "clarté" à la vie politique française et approuvant à la main tendue au PS par Marielle de Sarnez le 22 août à Marseille.


Quant à la stratégie pour les régionales, alors que certains penchent pour des listes autonomes au premier tour, M. Bayrou a précisé qu'elle sera arrêtée lors du congrès national du MoDem prévu début décembre.

Revenant sur son silence médiatique estival devant la trentaine de journalistes venu couvrir sa rentrée, M. Bayrou a expliqué que "c'est bien de prendre de la distance, d'arriver à se désintoxiquer un peu (...) pour essayer de réfléchir à l'essentiel. Ça m'a fait du bien, pour mieux participer, mais peut-être avec moins de fougue gasconne! Si la vie ne vous changeait pas, ça serait désespérant. On garde ses fondamentaux, mais la vie, c'est réfléchir, se remettre en cause".

Point fort de la journée, le député béarnais a confirmé le début de rapprochement avec le PS: "J'approuve ceux qui veulent que les choses bougent. Tout le monde sait que quand Marielle de Sarnez réfléchit, probablement elle parle avec moi. J'approuve ceux qui veulent que les choses bougent et je dis que si main tendue il y a eu, on a raison de tendre les mains parce qu'on ne peut pas continuer à être, dans la démocratie française, des forces politiques qui s'ignorent, se détruisent ou se combattent tout le temps".


François Bayrou entend donc sortir de son isolement et en dira davantage dimanche sur la stratégie d'alliance du MoDem, lors du discours de clôture. "C'est dimanche que j'ai l'intention, dans une réflexion d'ensemble, de dire où en sont aujourd'hui les problèmes du pays et les réponses que ça impose, y compris de notre part. Le fond, c'est très important. Je veux que cette université de rentrée serve à avoir les idées claires".

Selon lui, il y a urgence à faire bouger les lignes politiques: "Je n'ai jamais vu un moment où le pays a été, pas seulement à cause de la crise économique, aussi profondément malade, aussi profondément troublé: l'école, les banlieues, l'agriculture, le chômage, les universités, le monde de la santé. Il n'y a pas une seule crise, tous les secteurs sont démolis. Les problèmes sont si lourds qu'ils exigent que les responsables cherchent des réponses nouvelles. Face à cette situation, est-ce que vous pensez qu'on peut en rester à la vie politique d'autrefois?", a-t-il demandé.


Marc Dufour, président du MoDem Hérault, a confié à l'Associated Press que François Bayrou attendait "beaucoup" de ces trois jours. "Je le trouve plus à l'écoute qu'avant. Il se rend compte de beaucoup de choses, notamment une nécessaire déconcentration des décisions au sein du parti. Il admet avoir surexploité son livre 'Abus de pouvoir' pendant la campagne. Il est conscient qu'il y a eu déstabilisation et déception chez les militants", dit-il, en faisant remarquer que le MoDem "est nouveau, il n'a même pas deux ans".

Si la stratégie pour les régionales ne sera pas fixée avant décembre, M. Dufour plaide pour des listes autonomes au premier tour. "C'est ce qui prédomine", assure-t-il, "dans l'attente des militants et dans l'orientation parisienne. Je vois mal Bayrou remettre en cause ça. Il faut bien avoir un moyen de s'étalonner".

AP sur http://tempsreel.nouvelobs.com

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